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Begrüßung durch den Gründungspräsidenten, Jean David

14. September 2001



Jean David
Jean David

 

 

Ce 14 septembre avait été retenu depuis des mois pour la passation des pouvoirs que la cérémonie que j'ouvre va officialiser dans quelques instants. Mais avant ce vendredi 14, il y a eu le mardi 11. Ce jour-là, l'incroyable horreur a rempli les écrans, subjugué nos esprits et empli nos cœurs de tristesse. Le président sortant et la nouvelle équipe se sont demandé s'ils pouvaient maintenir cette cérémonie. Sans aucune hésitation, nous avons dit oui. Et il a été convenu que je dirais pourquoi dans une allocution d'ouverture évidemment bien différente de celle que j'aurais prononcée si nous n'avions pas été sous le choc de la tragédie de New York.

 

Ce que nous avons vu il y a trois jours, c'est la destruction à l'œuvre, réduisant en poussière et en fumée des immeubles d'un modernisme que nous croyions aller de pair avec la solidité. Ce que symbolise le carnage, c'est la puissance que peut avoir la haine servie par une rationalité implacable. Mais c'est justement quand la haine destructrice semble tenir sa victoire qu'il est indispensable de rappeler ce que peuvent construire les forces de rapprochement, d'entente et de paix au travail dans le monde.


Prise isolément, l'Université franco-allemande serait un exemple probant de progrès de la compréhension mutuelle ; malgré tout, les dimensions qui sont encore les siennes lui donneraient un aspect dérisoire face à l'étendue du désastre qui nous frappe de stupeur. Mais l'Université franco-allemande peut être, doit être, considérée comme l'aboutissement, sans doute provisoire, d'une succession de mouvements d'abolition de barrières, qui la dépassent de beaucoup certes, mais sans lesquels elle n'existerait pas. Vue ainsi, l'Université franco-allemande prend une valeur de symbole qui a justifié pour nous que la cérémonie soit maintenue, pour nous fournir une occasion de dire que la victoire peut aussi sourire à la paix.

 

Pour situer l'Université franco-allemande dans l'histoire qui l'a rendue possible, il faut partir de ce qu'il faut encore appeler le miracle du rapprochement de nos deux pays. Le temps fait son effet et la notion de miracle se perd. Rendons lui toute sa force aujourd'hui : Entre nos deux peuples, il y avait trois guerres, d'une barbarie croissante. Et puis l'histoire s'est inversée, a été inversée par un acte de volonté constructif dont nous devons être aussi reconnaissants aujourd'hui qu'hier à tous ceux, acteurs de premier plan ou participants moins connus, qui l'ont conçu, exécuté et prolongé. Ils nous ont appris qu'on peut vaincre le nationalisme.

 

A ce rapprochement fondateur il faut associer le début de la construction de l'Europe, une Europe étroite comparée à celle d'aujourd'hui et plus encore à celle de demain. Mais une Europe exemplaire elle aussi. On a fait souvent dire à Jean Monnet que si ç'avait été à refaire, il aurait commencé par la culture. C'est une opposition commode ; c'est une opposition simplificatrice. L'économie a une dimension culturelle. Le protectionnisme, par exemple, se pare de valeurs de solidarité et de traditions qui couvrent des intérêts économiques d'un manteau de patriotisme. En créant d'abord la Communauté Economique Européenne, les pères de l'Europe ont montré que malgré cet enracinement, le protectionnisme pouvait être vaincu.

 

Entre peuples réconciliés dans un espace économique sans cloisons intérieures, la mobilité des étudiants prenait une dimension nouvelle. A la découverte du pays et des gens qui avait fait l'intérêt des séjours d'études à l'étranger, même, et peut-être surtout, dans les périodes de tension, venait s'ajouter l'utilité d'une formation au moins binationale, permettant de faire usage de la toute nouvelle liberté d'établissement pour exercer le même métier au même niveau de responsabilité dans l'un et l'autre pays. C'est cette nouvelle dimension de la mobilité qui a donné naissance aux cursus intégrés entre nos deux pays.

 

Si l'objectif était évident, la mis en œuvre se heurtait à un obstacle de taille. Les systèmes d'enseignement supérieur français et allemand avaient l'un et l'autre pratiquement deux siècles d'existence, presque dans leurs formes actuelles, et l'un et l'autre avaient inspiré les systèmes de nombreux pays. A première vue très différents et également exemplaires, quels motifs auraient-ils eu de chercher à devenir plus perméables l'un à l'autre ? Les systèmes n'avaient sans doute pas de raisons d'aller en ce sens, mais dans un contexte franco-allemand tout nouveau et dans le cadre d'un nouvel espace européen, enseignants et étudiants avaient, eux, toutes raisons de combiner les enseignements pour profiter d'une liberté nouvelle.

 

Les responsables de programmes n'ont, comme on dit, ménagé ni leur temps ni leur peine pour construire des parcours d'études cohérents et valider études faites et examens passés chez le partenaire, accélérant ainsi l'obtention du double diplôme, symbole de la reconnaissance par chacun des établissements de la qualité de l'autre. Les étudiants, de leur côté, toujours plus nombreux à accepter les contraintes matérielles et le surplus de travail liés aux cursus intégrés, ont montré le prix qu'ils attachaient à obtenir un diplôme étranger à leur système national. Ce faisant, enseignants et étudiants ont montré qu'on peut vaincre aussi les particularismes.

 

Chargée, entre autres missions, de susciter et de soutenir la création et le développement de cursus de ce type, l'Université franco-allemande apparaît donc comme un organe de rapprochement de nos systèmes de formation dans le contexte infiniment plus vaste de la coopération franco-allemande au sein de l'Union Européenne. En cherchant des métaphores dans une représentation spatiale de cette situation, on peut faire de l'Université franco-allemande un avant-poste d'un mouvement d'unification européen ; on peut aussi la voir comme une petite institution portée sur un vaste socle constitué lui-même de strates de ce mouvement. Les avant-postes sont exposés, la pérennité des étages supérieurs dépend de la solidité des fondations. Ces comparaisons doivent-elles donc être sources d'inquiétudes ?

 

Seine Antwort auf diese Frage gibt der französische Gründungspräsident der binationalen, bikulturellen und bilingualen Deutsch-Französischen Hochschule jetzt auf Deutsch. Diese Antwort lautet : nein. Ich sehe im Gegenteil in der gegenwärtigen Entwicklung Europas im politischen und wirtschaftlichen Bereich und auch im keimenden Europäischen Hochschulraum solide Gründe, in die Zukunft der Deutsch-Französischen Hochschule mit Zuversicht zu blicken, um so mehr als die DFH, trotz ihres zarten Alters und dank der Unterstützung der Regierungen, dem Engagement der Mitglieder der Organe und der tatkräftigen Kompetenz des Generalsekretariats, zweifelsohne den bevorstehenden Herausforderungen der Differenzierung und der Anpassung gewachsen ist.

 

Über die historisch gewordenen, kulturbedingten Grenzen Europas mag sich noch streiten lassen. Das Tempo der Erweiterung mag in manchen Fällen noch nicht genau beschlossen sein, fest steht immerhin, dass das Europa von morgen viele Völker mit fast ebenso vielen Kulturen, Geschichten und Sprachen in sich vereinigen wird. Und wer würde nur noch wenige Monate vor der Einführung des Euros nicht annehmen, dass innnerhalb dieses komplexen Gefüges die Wirtschaftsbeziehungen sich vervielfältigen und verstärken werden mit der Folge, dass die Möglichkeit der grenzüberschreitenden berufsbezogenen Mobilität, heute noch fast eine Ausnahme, viel mehr Menschen als notwendig, oder wenigstens wünschenswert, erscheinen wird ?

 

Ich sehe es nicht als einen Zufall an, wenn gleichzeitig mit der Fortsetzung der Überlegungen zur Erweiterung und zur Vertiefung die bis vor kurzem beinahe undenkbare, oder wenigstens verdrängte Idee eines europäischen Hochschulraums kaum ausgesprochen auf einen breiten Konsens stößt. In diesem im Entstehen begriffenen Rahmen muss die Mobilität erleichtert und gefördert werden. Zu diesem Zweck muss die gegenseitige Durchlässigkeit der nationalen Systeme erhöht werden. Diese Entwicklung, ein neuer Ausdruck des konstruktiven Willens Europas zum gemeinschaftlichen Leben und Handeln, ist eine Aufforderung zur multilateralen Zusammenarbeit. Diese Aufforderung aber stellt meines Erachtens die binationale Grundlage der Deutsch-Französischen Hochschule keineswegs in Frage.

 

In einem so heterogenen Raum, wie Europa es vom Anfang an war, noch ist und noch mehr sein wird, schreiten nicht alle Staaten, alle Einrichtungen, alle Organisationen gleichmäßig fort. Im Hochschulbereich können wir ohne falsche Bescheidenheit sagen, dass das deutsch-französische Paar seit Jahrzehnten Pionierarbeit geleistet hat. Die noch junge Deutsch-Französische Hochschule ist die Erbin von Einrichtungen, die jeweils bahnbrechend gewesen sind. Im Augenblick, wo ich nicht nur von der DFH Abschied nehme, die ich zwei Jahre lang geleitet habe, sondern auch von jeder Führungsfunktion im Bereich der deutsch-französischen Hochschulkooperation, wo ich 25 Jahre und einige Monate tätig gewesen bin, möchte ich nicht versäumen, allen Akteuren dieser Kooperation für ihre Arbeit und für ihre Erfolge zu danken. Ihnen allen ist zu verdanken, dass die Deutsch-Französische Hochschule, noch einzig in ihrer Art, bereits als Vorbild angesehen wird und als Modell dient.
Ich bin davon überzeugt, dass dieser Erfolg nur in einem binationalen Rahmen möglich war und dass dieser Rahmen noch immer das Labor darstellt, wo an der Verbesserung der Integration der Hochschulsysteme aufs effektivste gearbeitet werden kann.

 

Aber auch wenn sie als Modell erscheint, werden der DFH im sich wandelnden Hochschulraum die Anpassungen nicht erspart bleiben. Ich habe es schon gesagt : ich weiß, dass das neue Präsidium, die Organe, das Generalsekretariat zusammenwirkend die DFH weiter ausbauen und zu neuen Erfolgen führen werden. Dazu gehören Kompetenz und Engagement ; die sind vorhanden. Dazu gehört auch immer ein bißchen Glück. Das wünsche ich allen von Herzen.