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- Pierre Monnet, Président de l’Université franco-allemande
« L’Université franco-allemande doit être un fer de lance dans l’espace universitaire européen »
Pierre Monnet est depuis le 1er janvier 2009 président de l'Université franco-allemande. “C'est une activité dite “annexe”, sourit l'agrégé d'histoire détaché de l'EHESS, “mais qui prend beaucoup d'énergie et de temps, beaucoup plus que je ne l'avais imaginé”. La “grande machine” de l’UFA, c'est un réseau de plus de 170 universités et grandes écoles en France et en Allemagne. Près de 150 cursus intégrés dont il faut veiller à la qualité, à l'adéquation au marché du travail, à la bonne gestion et au financement. Être président de l'UFA est une tâche “qui demande une très grande motivation”, avoue Pierre Monnet, “parce qu'il s'agit surtout d'un travail de contact et de persuasion pour faire avancer ses idées.”
Des idées et des ambitions, le nouveau Président de l'Université franco-allemande et son équipe n'en manquent pas. “L’UFA attire, se félicite Pierre Monnet. Pour la première fois en 2009, nous avons dû refuser des dossiers de demandes de formations pourtant très bien évalués, faute de moyens. Nous formons aujourd'hui 5 000 étudiants dans nos cursus intégrés, l'objectif est de doubler ce chiffre. Pour cela, nous avons besoin de trouver de nouveaux moyens de financement.” Ambitieux, Pierre Monnet songe aux entreprises, aux régions, aux financements européens. Il souhaite aussi élargir le panel de disciplines présentes au sein de l'UFA, en développant notamment les sciences dures et les disciplines actuellement montantes comme les transports, les énergies renouvelables et durables, les nouvelles technologies, la médecine et la pharmacie. “L’UFA ici a un rôle de fer de lance dans l’espace de l’enseignement supérieur et de la recherche en Europe.”
Avec 15 ans d'expérience dans le domaine scientifique franco-allemand, Pierre Monnet est rompu à la gestion des différences entre les deux systèmes universitaires. Si cet ancien élève de l'ENS est un produit du système des grandes écoles à la française, il apprécie la culture universitaire allemande. Il insiste sur le sens donné au mot “excellence” au sein de l’UFA, qui ne doit en aucun cas se confondre avec un “élitisme” à la française: “L’excellence repose avant tout sur des capacités ou des compétences de contenu et sur le caractère de la personne, et non sur une imprégnation sociale”. Une de ces précisions de sens qui font justement partie du quotidien des responsables de l'Université franco-allemande. “L’UFA doit être un laboratoire de règlement des différences et des conflits, une véritable interface de dialogue entre la France et l'Allemagne.”
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