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Ça n’attire pas le chien derrière le poêle!
Gottfried August Bürger, poète allemand romantique et désordonné, prend sa plume un beau jour du XVIIIe siècle et se met à composer la « Ballade de l’empereur et de l’abbé ». L’empereur en question soumet trois énigmes à l’abbé, qui ne parvient à les résoudre qu’avec l’aide de la sagesse paysanne de son valet, un berger rusé et débrouillard appelé Hans Bendix. Un brin taquin, Bürger fait dire à son berger : « Je ne comprends pas une bribe de latin, mais je sais bien appâter le chien loin du poêle ». Pour qu’il détourne son attention des os à moelle qui mijotent sur le feu et passe voir derrière le poêle ce qui s'y passe, vous vous imaginez bien qu’il faut qu’une chose hors du commun ait piqué la curiosité de notre ami canin. A l’inverse donc, ce qui n’attire pas le chien derrière le poêle est d’un banal absolu.
« Das lockt den Hund nicht hinter dem Ofen hervor! »
désigne donc pour les Allemands quelque chose de commun, de sans attrait.
L’équivalent français de cette expression verse plus directement dans l’absurde à plumes. Et oui, nous parlons du fameux « ça ne casse pas trois pattes à un canard ». Vous avez déjà vu un canard à trois pattes ? Et bien nous non plus (à ce jour). Le tripalmipède est une espèce absolument remarquable, extraordinaire, et celui qui réussira à en attraper un et à lui briser les pattes entrera sans aucun doute au Panthéon. Ne pas casser les trois pattes d’un canard est donc notre lot commun, celui de l’ordinaire, du banal.
En bref, qu’un chien attrape un canard et lui casse les pattes derrière le poêle… voilà qui vous fait une belle jambe.



