Vous êtes
contenu

Avoir des bourdons dans le derrière
De quelqu’un qui ne tient pas en place, qui se dandine sur sa chaise n’en pouvant plus de rester assis, on dit en Allemagne qu’il a des bourdons dans le derrière, de l’expression originale « Hummeln im Hintern haben». Pourquoi des bourdons plutôt que des guêpes ou des papillons ? Parce que ces insectes sont réputés pour leur quête perpétuelle de nectar, qui les pousse à voler de fleur en fleur sans jamais rester inactifs. Ces gesticulations vous dérangent, risquent de perturber votre conférence, le mariage de votre sœur ou le spectacle de l’école, et vous cherchez une solution ? Essayer tout d’abord de localiser le boîtier arrière, d’en ôter le capot puis de retirer les piles. Si rien ne se passe, adopter un air sévère et menacer la personne de l’attacher à sa chaise avec du gros scotch. Si les menaces n’ont pas d’effet, promettez une petite récompense, de type barre chocolatée ou glace. Si la personne a passé l’âge d’être acheté par des sucreries… et bien prenez votre mal en patience.
„Hummeln im Hintern haben“
signifie ne pas tenir en place.
Il y a plus grave qu’un agité du bocal : le spleen de la rentrée, la mélancolie d’une séparation, la déprime du mois de janvier, le blues du dimanche soir. Même si la vie est belle, on peut en effet avoir un paquet de raisons pour se sentir vide à l’intérieur, pour n’avoir plus envie de rien. Cet état dépressif plus ou moins passager, on l’appelle parfois le bourdon ; on dit « avoir le bourdon ». Le mot bourdon désigne communément tous les insectes qui ressemblent aux abeilles. Mais un bourdon c’est aussi une grosse cloche au tintement extrêmement grave, et par extension un son grave qui se prolonge, de ceux qu’on entend quand la ville brûle ou que les hordes barbares entourent la cité. On appelle aussi bourdon la corde la plus grave de certains instruments. On comprend donc que le mot bourdon puisse évoquer la tristesse et la gravité d’une âme, de sombres pensées qui tintent sans interruption dans la boîte crânienne. Quand ces pensées sont plutôt rampantes et moins bruyantes, on dit plutôt «avoir le cafard».
Si quelqu’un remue au point de vous coller le bourdon, sonnez-lui les cloches et envoyez-le butiner ailleurs!



