Le Prix Forcheurs Jean-Marie Lehn 2021 récompense les chercheurs Jean-Christophe Baret et Tobias Erb.

Le Prix Forcheurs 2021 a été remis le 27 septembre 2021 par Emmanuel Cohet, Ministre-Conseiller à l’Ambassade de France en Allemagne, à Jean-Christophe Baret, professeur à l’Université de Bordeaux et responsable de l’équipe Soft Micro Systems et à Tobias Erb, directeur de l’Institut Max Planck de microbiologie terrestre à Marbourg. Leur projet de recherche commun s’intitule “Création de nouvelles enzymes fixatrices de CO2 et de chloroplastes artificiels”.

© Ambassade de France en Allemagne

 

Cet événement a réuni une trentaine de personnalités de la recherche et de l’enseignement supérieur et des membres de la société civile française et allemande. Le professeur Jean-Marie Lehn, parrain du prix, était présent . L’Université Franco-Allemande, co-organisatrice de la manifestation, était représentée par sa secrétaire génerale Marjorie Berthomier. Les sponsors, les entreprises BASF Frankreich et Sanofi Deutschland, qui soutiennent le Prix depuis 2017 en attribuant la somme de 10 000€ à chacun des deux lauréats, étaient représentées par Christina Gommlich, directrice du bureau de Berlin de BASF, et Stefan Kentrup, membre du comité de direction de Sanofi Deutschland.

A propos du projet des lauréats :

Tobias Erb et Jean-Christophe Baret   © Ambassade de France

 

Construire une cellule vivante à partir de matière non vivante est à la fois un défi fondamental et technologique, et une étape clé dans notre compréhension de la vie. Les laboratoires de Jean-Christophe Baret, à l’université de Bordeaux, et de Tobias Erb, à l’Institut Max Planck de microbiologie terrestre de Marbourg, se concentrent sur la construction de cellules artificielles, en utilisant une approche interdisciplinaire à l’interface entre la physique, la chimie, la biologie et l’ingénierie. Le laboratoire Baret, en France, a développé des technologies microfluidiques pour la production et l’assemblage de micro-compartiments de la taille d’une cellule, qui constituent le “hardware” des cellules artificielles. Ces cellules artificielles fonctionnent grâce à un “software” métabolique qui est intégré dans ces compartiments et assemblé à partir de différentes enzymes à l’aide d’approches de biologie synthétique mises au point par le laboratoire Erb en Allemagne. En associant la microfluidique et la biologie synthétique, Baret et Erb ont réussi à reconstituer un chloroplaste artificiel qui capte et transforme le CO2 grâce à la lumière, copiant et même dépassant le principe de la photosynthèse naturelle. Les travaux d’Erb et Baret démontrent le potentiel de la biologie synthétique et constituent un pas en avant dans la conception de cellules artificielles, qui ont le potentiel de fournir des solutions alternatives plus efficaces au métabolisme naturel ou d’effectuer des tâches (bio)chimiques dont les cellules naturelles ne sont pas capables. À l’avenir, les cellules artificielles pourraient trouver des applications dans pratiquement tous les domaines technologiques, notamment la biotechnologie, la synthèse chimique et la médecine.

A propos du prix « Forcheurs Jean-Marie Lehn » :

Ce prix récompense des collaborations prometteuses entre chercheurs français et allemands dans les domaines de la santé, de la pharmacologie ou de la chimie. Organisé conjointement par le Service pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France en Allemagne et l’Université Franco-Allemande, il est décerné à de jeunes chercheur.e.s, afin d’encourager les coopérations scientifiques entre la France et l’Allemagne. Les candidatures sont évaluées par un jury composé de membres de l’Académie des Sciences de Paris et de l’Académie Léopoldine (Académie des Sciences allemande). Le prix est parrainé par le Professeur Jean-Marie Lehn et tire son nom du néologisme forgé à partir des mots allemand « Forscher » et français « chercheur », le terme « Forcheur ». Ce terme, emprunté à l’ouvrage éponyme de Gérard Foussier, désigne les scientifiques qui travaillent ensemble au quotidien de part et d’autre du Rhin.


Source: Ambassade de France en Allemagne, Service Scientifique et Technologique